[Séminaire] L'Université d'Avignon accueille Valérie Theis pour un séminaire intitulé « Le gouvernement pontifical du Comtat Venaissin, entre histoire locale et problématiques générales »

 

Vendredi 14 mars 2014 à 11h, les laboratoires d'Histoire de l'Université d'Avignon (ANHIMA, CIHAM, HEMOC) organisent une rencontre avec Valérie Theis, intitulée « Le gouvernement pontifical du Comtat Venaissin, entre histoire locale et problématiques générales ». L'événement se déroule dans l'amphithéâtre 2E05 du bâtiment Nord de l'Université, site Sainte Marthe.

Valérie Theis, maître de conférence à l'Université de Paris-Est, propose une présentation de son livre, « Le gouvernement pontifical du Comtat Venaissin, vers 1270-vers 1350 », issu d’une thèse de doctorat, et paru à Rome en 2012 dans la Collection de l’École française de Rome.

À partir de l’élection de Clément V en 1305 et de son installation à Avignon en 1309, l’institution pontificale a été associée à cette ville au point de devenir dans l’historiographie « la papauté d’Avignon ». Ce serait pourtant, selon l'auteure, une erreur de réduire la portée de l’implantation des papes dans cette région à ce seul centre urbain, qui ne fut acheté par le pape Clément VI qu’en 1348.

Avant cela, en s’appuyant sur le traité de Paris de 1229, la papauté était parvenue dès 1274 à faire reconnaître sa domination sur la partie des terres alentour qui formait ce qu’on appelle le Comtat Venaissin. Si les papes romains de la fin du XIIIe siècle se contentèrent de défendre ce territoire sans qu’il occupe une place importante au sein de leur politique, les papes du XIVe siècle en firent au contraire l’un des piliers de la reconstruction de l’institution entreprise à partir du pontificat de Jean XXII, élu en 1316.

Comprendre comment put se produire, entre 1274 et 1348, un tel retournement de situation implique de faire une histoire croisée de la papauté et du Comtat Venaissin centrée sur la question du gouvernement pontifical. Posant la question de l’évolution des rapports entre un territoire, une population et un pouvoir souverain aussi particulier que celui des papes, ce livre n’est donc pas une monographie régionale sur le Venaissin médiéval, mais une étude d’histoire politique et sociale visant à expliquer comment une papauté affaiblie est parvenue à mettre en place un contrôle efficace sur des populations et un territoire qu’elle avait auparavant négligés, et comment la réussite de cette politique a contribué en retour à la reconstruction d’une institution dont les intérêts et les ambitions dépassaient de beaucoup le cadre de cette petite principauté située entre le Rhône et la Durance. Si, à l’échelle de la Chrétienté, le Comtat Venaissin n’était qu’un confetti, il n’en fut pas moins le laboratoire au sein duquel la papauté expérimenta des méthodes de gouvernement qui jetèrent les bases de son action politique dans la longue durée, aussi bien sur place, le Venaissin n’ayant été rattaché à la France qu’en 1791, que dans les États italiens de l’Église.

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